vendredi, décembre 16, 2011

UNE ÉMOUVANTE LETTRE D'UN FILS DE LOEIZ HERRIEU A GABRIEL ENKIRI (1)

Chaque fois que je fais une visite au cimetière de Saint-Caradec à Hennebont, après m'être recueilli devant la tombe familiale où reposent ma mère, ma grand-mère et mon grand-père Jamet, je pousse quatre ou cinq tombes plus loin, dans la même allée, jusqu'à cette stèle ornée d'une croix celtique dressée au-dessus de la sépulture du fameux "barde breton", Loeiz Herrieu, cultivateur de son état, à Lanester d'abord puis à Hennebont-Saint-Caradec, et grand poète en langue bretonne.
Je ne l'ai pas connu, mais j'en ai entendu parler, avec quelle admiration, par notre chère voisine et amie, Mlle Iziquel, qui baissait la voix à chaque fois qu'elle prononçait son nom. Nous étions au lendemain de la guerre. J'ai raconté tout cela dans une fiction à caractère autobiographique intitulée "Kidnapping entre St-Caradec et l'Élysée"... Il y a quelques années, mû par la curiosité, descendant à Saint-Caradec, par la route de Lochrist, je m'arrêtai devant la ferme où avait vécu Loeiz Herrieu, en français Henrio, né tout à côté à Caudan en 1879, commune alors partie intégrante de Lanester... Je suis entré, et là je me suis retrouvé nez-à-nez avec l'un de ses fils, Gildas (qui vient de décéder à l'âge de 85 ans). Lorsque je lui ai dit qui j'étais, hospitalier, et sans doute avait-il envie de me parler, il m'invita à rester déjeuner avec lui et sa femme. - Bien sûr que je me souviens de toi (j'étais gamin) et de ta grand-mère qui était crêpière à la Maison-Rouge. On lui apportait du lait et des oeufs...
Et c'est ainsi que j'ai découvert l'incroyable existence de ce paysan d'Hennebont, pestiféré, le boche, le collabo...  (à suivre)

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